Qui Etes-Vous ?

J’aime beaucoup poser la question : « Qui êtes-vous ? », cette question parait simple de prime abord, mais elle ne l’est pas tant finalement.

Voyez plutôt. Si quelqu’un me demandait : « Qui êtes-vous ? » je pourrais répondre : BOLA ABIA KODJO SAMUEL,

Non, c’est seulement votre nom. Mais qui êtes-vous ? Je suis pasteur de l’Assemblée vivante de Jésus-Christ, Non, c’est votre profession. Je suis TOGOLAIS ! Non, c’est votre nationalité. Je suis Baptiste, Non, c’est votre dénomination.

Je pourrais aussi dire je mesure 1,70 m, et que je pèse un peu plus de 70kg en fait, beaucoup plus que 70 kg. Mais mes caractéristiques physiques ne me décrivent pas non plus. Si vous deviez couper mes bras et mes jambes serais-je encore moi ? Si vous deviez greffer mon cœur, mes reins ou mon foie, serais-je encore moi ? Bien sûr ! Mais si vous continuez à couper, vous allez finalement m’atteindre, parce que je dois être quelque part.

Mais mon identité dépasse ce que vous voyez à l’extérieur. Nous pourrions dire avec l’apôtre Paul que : « nous ne connaissons personne selon la chair » (2Cor 5 :16). Mais nous avons tendance à nous identifier principalement par notre apparence ou par notre métier. De plus, quand il nous est demandé, à nous chrétiens, de nous identifier par rapport à notre foi, nous parlons généralement de nos positions doctrinales (protestant, évangélique, calviniste, charismatique), ou de notre dénomination (baptiste, réformé, évangélique libre, indépendant) ou de notre fonction dans l’église (moniteur d’école de dimanche, pasteur, diacre, membre de la chorale).

Mais mon identité est-elle déterminée par ce que je fais, ou est-ce elle qui détermine ce je fais ? Voilà une question importante, surtout par rapport à la maturité chrétienne. Je défends la deuxième c’est-à-dire mon identité détermine ce que je fais ! Je crois fermement que notre croissance et notre épanouissement dépendent de l’idée que nous avons de nous-mêmes, et surtout de notre identité en Christ. Notre compréhension de nous-mêmes est à la base de notre système de pensées et de nos modèles de comportement en tant que chrétien.

Mauvaises équations dans la recherche de l’identité

Il y a plusieurs années, je me suis entretenu avec une fille de 19 ans, c’était la première fois que je rencontrais  une jeune fille aussi avantagée. Elle avait le visage et la taille d’un mannequin. Musicienne de talent, elle avait obtenu une bourse complète dans une des universités aux USA. Elle avait une belle voiture que ses parents lui avaient offerte après son baccalauréat. J’étais étonné qu’une seule personne puisse réunir autant de qualités. Mais après une demi-heure de conversation avec elle, je commençai à me rendre compte que l’intérieur ne correspondait pas à l’extérieur.

Elise, lui dis-je finalement, t’es-tu déjà endormie en pleurant parce que tu ne te sentais pas à la hauteur et que tu souhaitais être quelqu’un d’autre ?

Elle se mit à pleurer ! Comment le savez-vous ?

Pour être honnête, Elise, lui ai-je répondu, j’ai découvert que  ceux qui semblent avoir les choses bien en mains ont généralement des difficultés dans leur vie intérieure.

Souvent ce que nous montrons extérieurement n’est qu’une façade destinée à cacher qui nous sommes vraiment et à couvrir les peines secrètes que nous ressentons face à notre identité. D’une manière ou d’une autre, nous pensons que si nous paraissons beaux ou si nous agissons bien ou si nous jouissons d’une certaine considération sociale, notre vie intérieure sera aussi équilibrée. Mais ce n’est pas vrai. Les apparences externes, les réalisations et le statut social ne reflètent pas nécessairement, ni ne produisent la paix et la maturité intérieures.

Dans son livre « The Sensation of Being Somebody » (le sentiment d’être quelqu’un), Maurice Wagner explique ces faux raisonnements par des équations que nous avons tendance à accepter.

Voici quelques exemples de ce que nous pensons:

La beauté extérieure+ l’admiration qu’elle apporte = une personne épanouie.

Des performances de qualité + des réussites = une personne épanouie.

Le statut social + la considération = une personne épanouie.

Ce n’est pas vrai. Ces équations sont tout aussi fausses que deux + deux = six. Wagner dit ensuite : quelque soient nos efforts pour confirmer notre sentiment d’être quelqu’un par notre apparence, nos performances ou notre statut social, nous ne sommes jamais satisfaits. Quel que soit le sommet d’auto-identité que nous atteignons, il s’écroule vite sous les pressions du rejet ou des critiques, de l’introspection ou de la culpabilité, de la peur ou de l’anxiété. Nous ne pouvons rien faire pour avoir droit aux avantages qui découlent d’un amour inconditionnel et volontaire. (Wagner Maurice, The Sensation of Being somebody (Grand rapids, MI : zondervan Publishing House, 1975, p. 163)

Si ces équations étaient valables pour quelqu’un, elles l’auraient été pour le roi Salomon. Il était le roi d’Israël pendant les plus grandes années de son histoire. Il avait le pouvoir, le rang, la richesse, mes possessions et les femmes. Si l’apparence, l’admiration, les performances, les réalisations ou le statut donnaient un sens à la vie, Salomon aurait été l’homme le plus épanoui qui ait jamais vécu. Mais Dieu avait aussi donné au roi une dose supplémentaire de sagesse pour évaluer ses réalisations. Et quel est son commentaire sur tout cela ? « Vanité des vanités … oui tout est vanité ou dérisoire ! » (Eccl 1 :2) et le livre d’Ecclésiaste continue en décrivant la futilité de la recherche d’un sens à la vie par le matériel et le périssable. Suivez le conseil d’un roi plein de sagesse : toutes les choses et les actions que vous pouvez accumuler n’apportent pas l’équilibre intérieur. Des millions de personnes grimpent l’échelle du succès pour se rendre compte au sommet qu’elles s’appuient sur le mauvais mur !

Nous avons tendance à croire le coté négatif de la formule : succès = épanouissement en pensant que si quelqu’un n’a rien, il n’a pas d’espoir de bonheur. Par exemple, j’ai présenté ce scénario à un Lycéen il y a quelques années :

Supposons qu’un garçon dans son école a les cheveux gras et un corps sans forme, il trébuche quand il  marche et il bégaie quand il parle. Il est couvert de boutons et ses notes sont médiocres en classe. A-t-il des chances d’être heureux dans la vie ?

Il a réfléchi un instant, puis répondu :

Probablement pas.

Dans ce royaume terrestre, où la plupart des gens vivent à un niveau purement extérieur, il a raison. Le bonheur est associé à la beauté physique, aux relations avec les gens importants, à un bon emploi et à un compte en banque bien fourni. Une vie sans ces avantages est considérée sans espoir.

Qu’en est-il donc de la vie dans le royaume de Dieu ? Les équations : succès = bonheur et échec = désespoir n’existent pas. Tout le monde a exactement les mêmes chances d’avoir une vie qui a un sens. Pourquoi ? Parce que l’équilibre et le sens dans la vie ne découlent pas de ce que l’on a ou n’a pas, de ce que l’on fait ou ne fait pas.

Vous êtes déjà une personne équilibrée et vous possédez une vie qui a un sens infini à cause de votre identité : vous êtes un enfant de Dieu. La seule équation d’identité qui marche dans le royaume de Dieu c’est Moi + Christ = l’équilibre et une vie qui a un sens.

Si notre identité en Christ est la clé de l’équilibre, pourriez-vous demander, alors pourquoi tant de chrétiens ont-ils du mal à reconnaitre leur valeur personnelle et à grandir spirituellement ?

Parce que nous avons été trompés par le diable. Notre identité réelle en Christ a été déformée par le grand menteur lui-même. Ce mensonge m’a sauté aux yeux il y a quelques années quand je conseillais un jeune chrétien qui était la victime d’oppressions sataniques.

Je lui ai demandé : Qui es-tu ?

Je suis le mal, a-t-il répondu.

Tu n’es pas le mal. Comment un enfant de Dieu peut-il être le mal ? Est-ce ainsi que tu te vois ?

Il acquiesça.

Il avait peut-être commis le mal, mais il n’était certainement pas le mal. Il basait son identité sur un mauvais raisonnement. Il permettait aux accusations de Satan contre son comportement d’influencer sa perception de son identité plutôt que de permettre à son identité d’enfant de Dieu en Christ d’influencer son comportement. (Eph 3 et 4)

Malheureusement, un grand nombre de chrétiens tombent dans le même travers. Nous échouons, et nous nous considérons donc comme des échecs, ce qui nous pousse à échouer davantage. Nous péchons, et nous nous considérons donc comme des pécheurs, imparfait, nuls, ce qui nous fait pécher encore davantage. Nous sommes tombés dans le piège des équations creuses du diable. Et nous croyons donc que ce que nous faisons détermine ce que nous sommes. Et ces faux raisonnements nous conduisent dans une spirale de désespoir et de défaite.

Si nous revenons au passage de Jérémie que nous avons entendu hier, nous comprendrons que l’appel du prophète est déterminé au ministère. (Jér 1 :4-10).

Bien que bref, l’appel divin à exercer le ministère de prophète comporte un message destiné à motiver Jérémie dans sa mission. Dieu révéla que son choix de Jérémie comme prophète remontait avant qu’il ait été formé dans le ventre de sa mère. Le verbe connaissais (yada) va bien au-delà d’une simple connaissance intellectuelle. Utilisé pour la relation intime entre le mari et son épouse, il implique une étroite relation personnelle (Am 3 :2) ou une protection (Ps 1 :6). Ainsi avant que Jérémie fût conçu, Dieu l’avait mis à part pour être son porte-parole en Israël.

Jérémie avait été consacré en vue de ce ministère. Le verbe traduit par consacré (qadas) signifie mettre quelque chose ou quelqu’un à part pour une tâche spécifique (1Pie 2 :1-9).

Quand on parle d’individus ou d’objets, mis à part, sanctifiés ou rendus saints en vue de leur emploi par Dieu, on inclut le jour du Sabbat (Ex 16 :23 ; 20 : 8), le Tabernacle et son mobilier (EX 29 :44 ; 40 :9), et les sacrificateurs (Ex 29 :1 ; 30 :30).

Dieu avait désigné dès sa conception et l’avait destiné à être un prophète auprès des nations. En effet Jérémie proclama la parole à Juda (Jér 2-45), mais son ministère comme porte-parole de Dieu s’étendit au-delà de Juda aux nations païenne (Jér 45-51) ; (2Cor 5 :20 ; Jn 17 :9, 20).

Au verset 6 Jérémie réagit à l’appel de Dieu en ressentant quelques doutes à son propre sujet. D’abord il objecta qu’il ne savait point parler. Jérémie n’affirmait pas être physiquement incapable de parler, mais manquer d’éloquence, qualité essentiel à ses yeux pour exercer un ministère public. Il objecta aussi qu’il était seulement un enfant (na’ar), le mot (na’ar) étant employé pour de très jeunes enfants (Ex 2 :6 ; 1Sam 4 :21) ou pour de jeunes gens (Gen 14 :24), l’âge de Jérémie ne nous est pas donné, mais à cette époque il avait peut-être 20 ans. en utilisant le mot enfant, Jérémie mettait l’accent sur son manque d’expérience, car il se sentait mal préparé pour être l’ambassadeur de Dieu auprès des nations.

Les versets 7-10, Dieu donna trois réponses aux objections de Jérémie :

  1. D’abord, Dieu insista sur l’autorité au nom de laquelle Jérémie devait agir, il ne devait pas utiliser son inexpérience comme une excuse pour échapper à sa mission. Il n’interviendrait nullement dans le choix de son auditoire ni de son message. Au contraire, il devait se rendre vers tous ceux auprès desquels Dieu l’envoyait et annoncer tout ce que Dieu lui ordonnait. Jérémie ne devait pas nécessairement posséder l’éloquence d’un homme d’Etat expérimenté, mais seulement se montrer un messager fidèle.

  2. Puis, Dieu promit de protéger le futur prophète. Apparemment Jérémie devait craindre pour sa sécurité. Ses craintes étaient surement fondées sur sa connaissance de l’époque, le peuple effectivement essaya de se débarrasser de lui (Jér 11 :18-23 ; 12 :6 ; 20 :1-2 ; 26 :11 ; 37 :15-16 ; 38 :4-6), cependant, Dieu ordonna à Jérémie de ne point les craindre, car il serait avec lui. Le peuple essaierait de le tuer, mais Dieu promit de le délivrer.

  3. Enfin, Dieu révéla à Jérémie la source de son message. Jérémie dut recevoir son appel  au moyen d’une vision tout comme Ezéchiel (Ech 1 :1), le fait qu’il raconte que l’Eternel étendit sa main pour toucher sa bouche. Cette manifestation visible de Dieu était une sorte de leçon de chose pour annoncer au futur prophète que l’Eternel en personne mettrait ses paroles dans sa bouche. Jérémie n’avait nul besoin de s’inquiéter de ce qu’il devait dire, car Dieu lui donnerait les paroles mêmes qu’il devait prononcer.

Ensuite Dieu résuma le contenu du message de Jérémie (Jér 1 :10) ce serait un message à la fois de jugement et de bénédiction de nations et de royaume.

Dieu employa deux métaphores pour décrire la mission de Jérémie (Jér 31 :28), Dieu compara Jérémie à un fermier, parce que Dieu déclara qu’il arracherait (annoncerait un jugement) et planterait (annoncerait une bénédiction). En comparant Jérémie à un architecte, Dieu déclara de la bouche de Jérémie qu’il ruinerait, détruirait et abattrait (annoncerait le jugement) et bâtirait (annoncerait une bénédiction).

Contrairement à Elie, (1Rois 17 :1), lui avait été et était préparé par l’Eternel pour prouver à tout Israël que le seul vrai Dieu n’était pas Baal, mais YAHVE. Même le nom d’Elie qui signifie « Yahvé est mon Dieu » exprimait cette vérité. Elie habitait la région de Galaad à l’Est du Jourdain près d’un endroit appelé Tishbe, c’est qu’il a apprit que Zézabel s’efforçait de remplacer le culte de l’Eternel par celui de Baal et alors son cœur attaché à Dieu s’en émut. Alors Dieu lui confia une mission. Certains de la promesse de Dieu, il marcha en direction de la Samarie à l’Ouest. Faisant irruption dans le palais. C’est là qu’il hurla un ultimatum au roi Achab en affirmant que l’Eternel était le Dieu d’Israël et qu’il était vivant, (1Rois 17 :12 ; 18 :10) et que lui Elie était le serviteur de Dieu. Sur la phrase « l’Eternel est vivant » (1Rs 1 :29) Elie pouvait déclarer avec confiance qu’il n’y aurait ni rosée ni pluie, parce que Dieu avait promit de les retirer du pays, si son peuple se détournait de lui pour se tourner vers d’autre dieux (Lev 26 :18-19 ; Deut 11 :16-17 ; 28 :23-24). Dieu avait révélé à Elie qu’il honorerait cette promesse à son époque. Ce jugement aurait frappé au cœur du culte de Baal. Car les adorateurs de ces derniers croyaient que leur idole était le dieu de la pluie.

La sécheresse, envoyé par le vrai Dieu montrait que c’était lui et pas Baal, qui contrôlait le temps, démonstration remarquable de la supériorité de Dieu par rapport au culte totalement erroné et parfaitement inutile de Baal.

Mes bien-aimés, reconnaissons que le dernier Adam apporte une différence qui transforme une vie.

Trop de chrétiens s’identifient au premier Adam, dont la triste histoire d’échec est racontée dans les chapitres 3 et 4 de la Genèse.

Nous nous considérons bannis du Jardin d’Eden, aspirant à y retourner avec Adam et Êve, comme si nous faisions partie de leur famille. Nous savons que nous avons lamentablement échoué et que nous avons à jamais perdu le paradis. En plus, nous n’arrivons pas à nous empêcher de répéter l’échec d’Adam tous les jours de notre vie.

Bien sûr, nous avons hérité la vie physique d’Adam. Mais si nous sommes chrétiens, c’est là que s’arrête la ressemblance. Nous sommes désormais identifiés au dernier Adam, Jésus-Christ. Nous ne sommes pas enfermés hors de la présence de Dieu, comme l’était Adam. Nous sommes assis avec Christ dans les lieux célestes (Eph 2 :6). La différence entre deux Adam est d’une importance éternellement capitale dans notre vie. Nous devons nous assurer que nous nous identifions au bon Adam !!!

Notre Identité En Christ